Les Lullies (interview)

Les Lullies n’existaient pas encore à l’époque de Punk Rawk (1998-2008), pouvez-vous présenter le groupe, d’où vous venez… ?
Tibo : Haha oui, mais je me souviens du magazine, je l’ai acheté ado… On est quatre, Roméo (guitare chant) et Manu (batterie) jouent aussi dans Les Grys-Grys, François (guitare et chant) dont c’est le premier groupe et moi, j’ai joué dans d’autres formations avant, surtout Flying Over et les Suzards… On a commencé un peu par hasard, ça part de Roméo et moi cette affaire… On s’ennuyait, on a baigné dans le rock’n’roll et y a que des tafs de merde, autant faire ça..
Roméo : On vient tous du Gard. On joue ensemble depuis maintenant 2 ans, mais Tibo et moi nous connaissons depuis longtemps et avons l’idée de jouer ensemble depuis un moment avant ça.

Deux EPs et un LP en deux ans d’existence, un label aux States, des concerts à go-go, tout va très très vite pour vous. Pas trop le tournis ? Comment s’est faite la signature sur Slovenly ? Vous connaissiez d’autres groupes du label ?
Tibo : La première année, on était tout le temps morts de rire dès qu’on pensait à tout ça, dès qu’on évoquait les festivals qui nous demandaient et Slovenly qui nous sort nos disques. Ça paraissait presque… absurde… On se demandait ce qu’on foutait là et en même temps, on se disait « merde c’est une belle opportunité, on va bosser dur pour être à la hauteur ».
Slovenly, c’est simple, on leur a écrit, Peter (le boss du label) a été intéressé et Oihane, une pote à nous qui bosse pour eux à Berlin, nous a fait jouer et lui a confirmé que ça tenait la route live… Pour la petite anecdote, ce soir là, Lo Spider qui nous enregistre était dans la salle et me faisait signe. Moi je croyais qu’il disait « moins fort », du coup, hors de question ! En fait, il disait « moins vite », on jouait tous beaucoup, beaucoup trop vite haha… C’était encore le début pour nous !
D’autres groupes du label, oui on aimait tous Personnal And the Pizzas, The Spits, The Cavemen, et j’adore les SubsonicsRoméo : 2018 était bien taré et apparemment c’est pas fini. Mais on gère et on a fait des supers trucs. Slovenly, une fois qu’on a eu le second single mixé et masterisé, on leur a envoyé le truc, ils ont aimé et c’était parti. Chez eux on connaît bien et on a pas mal joué avec les Cavemen, ces crétins qu’on aime bien.

Les concerts semblent très importants, si j’en crois ce que j’ai vu, ainsi que la liste impressionnante de pays, salles, bars déjà visités. C’est la principale raison d’être du groupe ?
Roméo : Non, vu qu’on a sorti deux singles et un LP et qu’on est en train de planifier un prochain enregistrement. On aime faire les deux et en même temps ça va ensemble…
Tibo : Tout plutôt que de rester dans ce trou pourri qu’est devenu Montpellier, c’est à mourir d’ennui maintenant ici haha… En fait pour moi il n’y a que comme ça que ça vaut le coup. C’est comme ça que tu apprends, que tu progresses. En répet t’apprends pas grand-chose en fait. J’aime être sur la route et devoir prouver un truc tous les soirs à des gens que je ne connais pas, voilà. Et puis voyager, visiter plein de pays et rencontrer des gens et jouer avec plein de groupes ça me plaît beaucoup aussi.

Et « botter des culs » (vu sur votre page fb) ça se traduit comment ? Quelques souvenirs plus marquants que d’autres ? Que diriez-vous à ceux qui trouvaient que les Grys-Grys (side project de certains) sonnaient trop fort quand ils sont venus voir les Insus ?
Roméo : Les souvenirs, j’ai en tête le concert du We’re Loud à Naples, c’était la guerre. C’était ça botter des culs je pense en fait. Pour ceux qui ont trouvé le concert des Grys Grys aux Arènes trop fort, on aimerait s’excuser en leur offrant un concert dans leur salon.
Tibo : Envoyer le bois tous les soirs, voilà ce que ça veut dire, on veut que ça marque les esprits autant que possible, pas que ça soit anodin en quelque sorte.

C’est toujours difficile de retranscrire l’énergie d’un groupe comme le votre sur disque. Souhait, vœu pieu ou les disques sont juste de nouveaux supports pour repartir plus vite en tournée ? Vous pensez avoir réussi avec ce premier LP ? Il y avait des pressions, attentes particulières ? Comment et où s’est déroulé l’enregistrement ?
Tibo : J’aime bien aller en studio. Je suis content de ce qu’on a fait, tous nos disques ont un son un peu différent et en même temps c’est bien nous à chaque fois. Je suis très content du résultat. Forcément, on a toujours un peu la pression en studio, on veut bien faire mais ne pas perdre l’énergie. Le truc cool, c’est que c’est Lo Spider (ex-Jerry Spider Gang) qui nous enregistre dans son studio Swampland à Toulouse. On se connaît de longue date, il enregistrait déjà certains de mes anciens groupes et il connaît la musique. T’as pas besoin de lui faire un dessin même si on peut être en désaccord, ça c’est vraiment important. C’est tout enregistré en analogique, sur bande, pas un ordi dans le studio.
Roméo : Mmmh, je sais pas, y a pas vraiment de raison… une fois qu’on a beaucoup joué les mêmes morceaux, on aime en écrire de nouveaux, du coup on les enregistre. Puis les disques sont assez représentatifs de l’évolution du groupe. Réussi, je ne sais pas, d’ailleurs je ne sais pas ce que ça veut dire là tout de suite mais on est contents du résultat. L’enregistrement s’est déroulé chez ce con de Lo, à Toulouse et c’était bien. On l’aime bien Lo.

Une raison particulière à Les Lullies et non The Lullies ? C’est quoi ce morceau « Mourir d’ennui « , il est chanté en français ? L’exotisme français fonctionne bien à l’étranger ? On dirait que vous y passez plus de temps qu’en France ?
Tibo : On est un groupe français, c’est un nom qui ne veut rien dire mais c’est un clin d’œil à notre pote Lully, le guitariste des excellents Tomy and the Cougars de Marseille donc Les plutôt que The paraissait évident, oui. Mourir d’ennui, oui c’est en français. Les étrangers en sont assez friands des morceaux en français mais vu comment on articule bon… haha… Oui on y joue plus qu’en France. Ce qu’on fait comme musique ça fonctionne bien, notamment en Espagne. Notre premier EP était d’ailleurs sur Discos Meteoro de Barcelone. On a beaucoup d’affinités avec ce pays en fait, les festivals les plus fous c’est là bas…

Si je dis The Ramones aux States, The Jam en Angleterre, Radio Birdman en Australie et Les Lullies en France, ça vous va ? J’ai oublié qui d’autres comme références, mentors sur la carte ? Et de quels groupes actuels (français et étrangers) vous sentez vous proches ?
Tibo : Alors là, moi je dirais The Stooges, les Dogs et Teengenerate. Pour François, je peux affirmer The Records et Manu The Who. Les groupes actuels et bien, Nave Nodriza (Espagne), Black Mambas (USA), The Cavemen (NZ), The Scaners (Lyon)… Tout ça, ce sont des groupes avec qui on joue assez régulièrement, on est potes, c’est plutôt cool. Slander Tongue, de Berlin, pareil, super groupe, supers gars. Sinon, les excellents Tomy and the Commies (Canada) chez Slovenly, c’est top, on a joué avec eux à Toronto, vraiment super bon, dans une veine un peu à la Good Vibrations Records et entre beaucoup d’autres (oui j’ai toujours du mal à choisir et être concis), il y a les excellents Sick Thoughts.
Roméo : Les Dogs, Little Bob, Kid Pharaon, les Crooners (hihi)… y en a plein. Aujourd’hui, Carambolage de Rennes, Tomy and the Cougars… j’ai pris la claque récemment avec Joni Ekman & Koira, à Hambourg, au Get Lost Festival, du rock’n’roll finlandais.

Un truc à rajouter ?
Arrêtez de nous voler le retro du camion, ça devient lassant, haha.

http://leslullies.wixsite.com/leslullies

Interview : Guillaume Circus
Une partie de cette interview est publiée dans PR0218

 

Publicités